Portique métallique, caméra discrète, aucune cabine en vue : voilà à quoi ressemble un péage sur l’A22, la fameuse Via do Infante qui traverse l’Algarve d’ouest en est. Pas de ticket à prendre, pas de barrière à lever, juste un flash imperceptible au-dessus du pare-brise. Pour un van loué à l’aéroport de Faro et lancé sur les routes du littoral, ce détail change tout, et pas forcément dans le bon sens qu’on imagine.
À retenir
- L’A22 en Algarve est devenue gratuite le 1er janvier 2025, mais cette gratuité crée la confusion sur les autres autoroutes sans barrière
- Les portiques électroniques sans cabine enregistrent silencieusement les passages, et les impayés se transforment en amendes massives si non réglés sous 15 jours
- Un péage oublié de 2-3 euros peut devenir une facture de 25-80 euros de frais administratifs et amendes, sans compter les frais du loueur
Un système pensé pour fluidifier, pas pour informer
L’autoroute A22, qui traverse l’Algarve, fonctionne avec un système de péage 100% électronique. Pas de barrière, pas de guichet. Des portiques flashent votre plaque d’immatriculation. Sur le papier, l’idée est excellente : fluidifier le trafic, éviter les bouchons aux heures de pointe estivales, moderniser un réseau routier qui dessert des millions de touristes chaque été. Dans les faits, ce système invisible piège chaque année des conducteurs venus d’ailleurs, persuadés qu’en l’absence de barrière physique, il n’y a tout simplement rien à payer.
Le problème ne se limite pas à l’Algarve. Il existe deux types de péages au Portugal : les postes traditionnels avec voies manuelles et voies Via Verde, et les péages électroniques sans cabine, fréquents en Algarve, dans le Nord et le Centre, sur des axes comme l’A22, l’A23, l’A24, l’A25 ou l’A28. Sur ces derniers, impossible de sortir des espèces ou une carte bancaire au moment du passage. Sur les autoroutes uniquement électroniques, vous ne pouvez pas payer en liquide ou par carte au moment du passage. Le paiement se joue ailleurs, avant ou après, via un dispositif qu’il faut avoir activé en amont.
La bonne surprise qu’on n’attendait pas
Voici le rebondissement que beaucoup de voyageurs ignorent encore en préparant leur road trip : l’A22 n’est plus un péage payant. Depuis le 1er janvier 2025, l’A22 (Via do Infante) en Algarve, ainsi que d’autres ex-SCUT comme l’A25, sont devenues totalement gratuites. Ce changement découle d’une décision du gouvernement portugais qui a supprimé les péages sur plusieurs anciennes autoroutes SCUT, un acronyme qui signifiait justement « sans coût pour l’usager » à l’origine. Ces autoroutes correspondent aux anciennes routes SCUT, un réseau initialement financé par l’État et gratuit jusqu’en 2010, avant qu’un système de péage électronique ne soit instauré en pleine crise économique. Le retour à la gratuité, quinze ans plus tard, referme donc une parenthèse coûteuse pour les habitants de l’Algarve comme pour les vacanciers.
Concrètement, cela signifie que descendre l’Algarve d’ouest en est sur l’A22, de Lagos jusqu’à la frontière espagnole, ne coûte plus rien. Une excellente nouvelle pour qui prévoit un van aménagé chargé de vélos et de planches de surf, sensible au moindre euro dépensé en carburant et en stationnement. Mais cette gratuité récente a un effet pervers : elle entretient la confusion sur le reste du réseau, où le même type de portique, sans barrière ni cabine, continue bel et bien de facturer.
Le vrai piège se cache ailleurs sur le trajet
C’est là que l’histoire se corse pour beaucoup de voyageurs en van. Le trajet vers l’Algarve ne se limite presque jamais à la seule A22. Une remontée vers le nord, un crochet par l’intérieur des terres ou un passage par l’Espagne suffisent à croiser d’autres autoroutes ex-SCUT restées, elles, payantes. Le piège classique reste celui du SCUT : l’A22 en Algarve, l’A28 au nord de Porto et l’A25 vers l’Espagne n’ont aucune cabine, et si le badge n’est pas actif ou si le véhicule loué n’a pas de dispositif de télépéage, les passages non réglés s’accumulent jusqu’à devenir des amendes. Un van loué sans option activée peut ainsi enchaîner plusieurs portiques sans qu’aucun signal ne prévienne le conducteur d’un impayé en cours.
La sanction financière, elle, tombe rarement sur le moment. La plupart des touristes n’ont aucune idée que cela se produit : ils roulent sur l’A22 le long de la côte de l’Algarve, profitent du paysage, rendent leur véhicule de location, rentrent chez eux, et reçoivent une facture pour des péages impayés plus des amendes trois mois plus tard, la société de location ayant réglé les amendes en leur nom avant de facturer des frais de dossier de 15 à 25 euros par péage. Sur une semaine de van à travers plusieurs régions, la note peut vite grimper : quelques euros de péage oublié se transforment en plusieurs dizaines d’euros de frais annexes, sans compter la mauvaise surprise administrative une fois de retour au quotidien.
La loi encadre pourtant des marges de manœuvre pour éviter d’en arriver là. Si vous empruntez une autoroute à péage sans badge de télépéage, vous pouvez régler le péage après le passage dans un délai de 15 jours ouvrables à compter de minuit le jour suivant. Passé ce délai, la sanction devient nettement plus salée : rouler sans être en règle expose à une amende correspondant à 10 fois le montant du péage, avec un minimum réglementaire de 25 euros, auxquels s’ajoutent des frais administratifs. Autant dire qu’un péage à 2 ou 3 euros peut facilement se transformer en note à plusieurs dizaines d’euros pour un simple oubli.
Plusieurs solutions existent pour éviter ce scénario, à demander avant même de prendre la route : un boîtier Via Verde fourni par le loueur, une carte prépayée achetée en bureau de poste, ou le dispositif EasyToll qui lie une plaque à une carte bancaire aux points frontaliers. Chez certains loueurs, un transpondeur de télépéage est disponible dès la prise du véhicule pour un supplément de 20 euros, incluant 15 euros de crédit prépayé, ce qui permet d’emprunter les autoroutes à péage sans passer par les bureaux de poste locaux. Une poignée d’euros, à mettre en balance avec le prix d’une amende reçue trois mois après avoir rendu les clés du van et rangé les souvenirs de plage.
Sources : belle-voiture.com | routard.com