Un van aménagé de 6 ou 7 mètres n’a rien à faire sur certaines routes de montagne en juillet et août. Pas à cause du dénivelé ou des lacets, contrairement à ce qu’on imagine souvent, mais parce que ces axes sont tout simplement fermés, réglementés ou réservés à d’autres usagers pendant des créneaux précis. Trois situations reviennent chaque été et méritent d’être anticipées avant de tracer son itinéraire.
À retenir
- Quarante-trois cols alpins ferment régulièrement aux camping-cars pour laisser place aux cyclistes
- Le Tour de France transforme des vallées entières en zones inaccessibles avec peu de préavis
- Certains passages corses deviennent des cauchemars logistiques pour les grands gabarits
Les cols réservés aux cyclistes, un piège classique pour les vanlifers pressés
Chaque été, plusieurs dizaines de cols alpins basculent en mode “vélo uniquement” le temps d’une matinée ou d’une demi-journée. Le principe est simple : interdire temporairement l’accès aux voitures, motos et camping-cars, souvent le temps d’une demi-journée, pour laisser le champ libre aux cyclistes. Sur la saison 2026, au moins 43 ascensions mythiques ferment leurs routes aux véhicules motorisés, du mois de mai au mois de septembre, de la Savoie aux Hautes-Alpes.
Le Galibier, l’Izoard ou l’Iseran figurent parmi les têtes d’affiche de ce calendrier. Avec des opérations comme les « cols réservés » et la « Tournée des Grands Cols », les Hautes-Alpes dominent le calendrier, le Col du Galibier et le Col du Granon étant les têtes d’affiche, avec plusieurs dates de fermeture en juin, juillet et août. Coincé derrière une barrière avec un van chargé, impossible de faire demi-tour facilement sur ces routes étroites : mieux vaut vérifier le calendrier avant de partir, pas en arrivant au pied du col.
Un détail technique change tout une fois la route rouverte : les routes sont rouvertes aux voitures dès la fin du créneau horaire indiqué, et il faut prévoir de basculer pour la descente environ 15 à 30 minutes avant l’heure fatidique pour rester en sécurité. Un van qui traîne encore en haut au moment de la réouverture se retrouve nez à nez avec des cyclistes lancés à pleine vitesse en descente. Pas franchement l’idéal pour un premier virage en épingle.
Le Tour de France transforme des vallées entières en zones interdites
Suivre la Grande Boucle en van séduit beaucoup de monde, mais les fermetures qui l’accompagnent surprennent souvent les moins préparés. Dans les Hautes-Pyrénées, l’étape Pau-Gavarnie a par exemple imposé des restrictions bien en amont du jour J : pour suivre les étapes pyrénéennes du Tour de France 2026 en camping-car, il fallait impérativement être positionné la veille au soir, la D921 Luz-Gavarnie fermant dès 8h le 9 juillet.
Le stationnement lui-même se réduit à une peau de chagrin les jours précédant la course. À Gavarnie, le stationnement des véhicules séjournant (camping-cars et autres) était autorisé uniquement sur le parking de Holle à partir du lundi 6 juillet 8h, avec un stationnement réglementé et gratuit le jeudi 9 juillet. Et la zone cœur du Parc national des Pyrénées, qui englobe une partie de Gavarnie-Gèdre, reste hors-jeu toute l’année : le camping en véhicule, y compris camping-car et van, est strictement interdit dans la zone cœur, même sur les aires de stationnement et même pour une seule nuit.
Certains tunnels ferment aussi ponctuellement aux gros gabarits pendant ces périodes. Le tunnel d’Aragnouet-Bielsa, qui relie la vallée d’Aure à l’Espagne, a été fermé à la circulation des poids lourds et des autocars dans les deux sens le jeudi 9 juillet de 10h00 à 17h00. Un van classique n’est pas concerné par cette interdiction précise, mais l’exemple montre à quel point la circulation en zone de montagne peut être compartimentée sans préavis long à l’avance pour le grand public.
Corse : les gorges qui ne pardonnent pas les grands gabarits
L’île de Beauté cumule les pièges pour van long. La vallée de la Restonica, près de Corte, en est l’exemple le plus cité par les habitués. La route y est étroite, l’isolement est marqué et la signalisation se fait presque invisible à certains endroits, avec des animaux en liberté qui ajoutent un risque imprévisible. Un demi-tour y devient vite un cauchemar : un camping-car, une caravane ou un utilitaire large peut vite se retrouver en difficulté, surtout si un demi-tour devient nécessaire sur une portion sans aire de retournement.
Certains professionnels vont plus loin et déconseillent formellement l’accès aux véhicules dépassant 6 mètres. La vallée de la Restonica est une route de montagne étroite menant à des lacs d’altitude, déconseillée aux camping-cars de plus de 6m, voire interdite en période de forte affluence. Le col de Bavella suit la même logique, avec la D268 vers les Aiguilles de Bavella, aux virages très serrés et déconseillée aux véhicules de plus de 7 mètres. La côte ouest n’est pas épargnée non plus : la D80 entre Porto et Calvi par la côte connaît des éboulements fréquents, un aléa qui n’apparaît sur aucun GPS classique.
Avant un départ en Corse, la règle est claire pour qui roule en van familial : un camping-car de moins de 7 mètres de long et 2,30 m de large est idéal, au-delà certaines routes deviennent très compliquées. C’est moins une question de sécurité pure qu’une question de bon sens : personne n’a envie de reculer sur 200 mètres au bord d’un ravin parce qu’un tracteur arrive en face.
Un dernier point mérite d’être glissé avant de boucler l’itinéraire : l’application GPS grand public ne suffit jamais en montagne. Un GPS calibré avec les dimensions réelles du véhicule reste le seul outil capable de signaler à l’avance un pont bas, une pente à 12 % ou une route à tonnage limité, bien avant que le panneau n’apparaisse dans un virage sans visibilité.
Sources : lesamisducampingcar.fr | info.fr