Un panorama à couper le souffle sur les vignobles en terrasses et la mer Ligure, sans la queue interminable, sans le prix du sentier officiel, sans la foule compacte des réseaux sociaux. Ce décor existe, et il porte un nom que peu de touristes connaissent : Volastra. Ce minuscule hameau perché au-dessus de Manarola offre exactement la même carte postale que les Cinque Terre, pour le prix d’un ticket de bus local à 1,50 €.
À retenir
- Un hameau italien pratiquement inconnu offre exactement le même décor que les célèbres Cinque Terre
- Pourquoi les files d’attente et les tarifs gonflés des sentiers officiels ne sont plus acceptables
- Un ticket de bus à 1,50 € ouuvre l’accès à ce que certains considèrent comme le plus beau sentier du parc national
Le sentier payant qui a fini par me lasser
Les Cinque Terre, je les ai adorées. Puis j’ai commencé à les fuir. La raison n’est pas un mystère : le fameux Sentiero Azzurro, ce chemin bleu qui longe la côte entre les cinq villages, n’est plus gratuit depuis longtemps. Pour l’emprunter, il faut s’acquitter de la Cinque Terre Trekking Card, dont le tarif adulte pour une journée standard atteint 7,50 €, et grimpe jusqu’à 15 € les jours de forte affluence. Ajoutez à cela des sections régulièrement fermées pour cause d’éboulement ou de travaux, et l’expérience perd vite de son charme.
Le problème ne s’arrête pas au prix. En juillet et août, des centaines de milliers de visiteurs s’entassent sur des sentiers étroits, les files d’attente aux restaurants s’étirent sur des heures, et les prix des hôtels dépassent 200 € la nuit. J’ai fini par me demander pourquoi je continuais à payer pour me faire bousculer sur un chemin, alors qu’à quelques centaines de mètres d’altitude, un autre point de vue existait, presque désert.
Volastra, le balcon oublié au-dessus de Manarola
Volastra n’est pas un secret bien gardé, mais c’est un lieu que la majorité des visiteurs traverse sans s’arrêter. Ce village figure parmi les plus anciens du parc national des Cinque Terre, situé au-dessus de Manarola, niché parmi les vignes et les oliveraies en terrasses délimitées par des murets de pierre sèche, avec une population de moins de 200 habitants. Détail piquant : l’histoire raconte que c’est Manarola qui est née de Volastra, et non l’inverse. Manarola aurait en effet été fondée par les habitants de Volastra lorsqu’ils sont descendus vers la mer depuis les collines. Le village d’en bas est devenu la star instagrammable ; celui d’en haut est resté dans l’ombre, tranquille, presque secret.
Pour y monter, deux options s’offrent au voyageur. La première, gratuite mais exigeante : grimper à pied. Il faut gravir plus de 1 200 marches en pierre depuis Manarola, ce qui prend environ 45 minutes et constitue un vrai exercice cardio. La seconde, bien plus confortable, consiste à prendre le petit bus local géré par la compagnie ATC. La ligne Manarola-Volastra dessert le parking, le hameau viticole de Groppo puis Volastra, et il est bien plus facile de commencer une randonnée depuis Volastra tant la montée depuis Manarola peut être éprouvante. Le trajet lui-même dure à peine dix minutes, mais il traverse déjà des paysages qui valent le détour.
1,50 € pour un panorama sans file d’attente
Voici le détail qui change tout : le ticket coûte 1,50 € s’il est acheté à l’avance en gare ou en tabac, contre 2,50 € s’il est acheté directement auprès du chauffeur. moins cher qu’un café serré à Rome, et une fraction du prix de la carte de randonnée officielle. Ceux qui possèdent déjà la Cinque Terre Card, elle, voyagent gratuitement sur cette ligne comme sur toutes les autres.
Une fois déposé sur la petite place de Volastra, le décor parle de lui-même. Le hameau se trouve au sommet d’une colline au-dessus de Manarola, comme posé sur une terrasse verte avec vue sur la mer. De là, un sentier presque plat démarre vers Corniglia. Une fois dans ce village circulaire et minuscule dont le nom signifie « village des oliviers » en latin, la magie opère : le chemin s’aplanit et l’on marche à l’horizontale le long de la crête, suspendu entre ciel et mer. Pas d’escaliers à affronter, pas de bousculade, juste le bruit du vent dans les vignes et, au loin, les toits colorés de Manarola qui plongent vers l’eau.
Ce sentier n’a rien d’un chemin de traverse improvisé. Il s’agit de la boucle de Volastra, souvent considérée comme le plus beau tracé de tout le parc national, structuré autour de plusieurs sentiers numérotés. On y traverse les vignobles qui produisent le Sciacchetrà, ce vin doux typique de la région, et l’on croise parfois les petits monorails agricoles que les paysans utilisent encore pour hisser les raisins sur les pentes verticales. Rien à voir avec la cohue du Sentiero Azzurro en pleine saison.
Un détour qui vaut le déplacement
Sur le trajet, le bus marque un arrêt à Groppo, un hameau encore plus discret. Il ne s’agit guère plus que d’une poignée de maisons aux couleurs pastel accrochées à une colline, entourées des vignobles en terrasses caractéristiques de la région, avec pour principal point d’intérêt la Cantina 5 Terre, une cave coopérative de viticulteurs locaux. Une pause dégustation avant de reprendre la route vers Volastra, cela ne se refuse pas.
Petit bémol à garder en tête avant de partir : ces bus ne relient pas les villages entre eux, ils desservent uniquement de courts trajets à l’intérieur de chaque commune, et les tarifs peuvent doubler en haute saison. Mieux vaut donc vérifier les horaires à l’office du tourisme avant de s’y aventurer, d’autant que les bus, remplis par les habitants du coin autant que par les curieux, partent parfois dès qu’ils sont pleins plutôt qu’à l’heure annoncée. Un dernier conseil, presque une évidence : gardez de la monnaie sur vous, le distributeur automatique n’est pas garanti à chaque arrêt.
Source : masculin.com