Deux nuits sous tente au bord de l’IJ, pour une trentaine d’euros la nuit. Sur le papier, l’affaire semblait imbattable pour visiter Amsterdam sans casser sa tirelire. Puis il y a eu cette ligne, tout en bas du récapitulatif de paiement, qui a tout changé : une majoration de plus d’un tiers du prix affiché. Le camping, réputé être la martingale anti-inflation des voyageurs, vient lui aussi de perdre son statut de bon plan.
À retenir
- Un élément invisible sur la plupart des sites de réservation peut ajouter soudainement un tiers au prix final
- Depuis 2026, les camping subissent exactement les mêmes charges fiscales que les hôtels cinq étoiles
- Amsterdam applique la taxe de séjour la plus élevée des Pays-Bas, sept fois la moyenne nationale
La ligne qui change tout : TVA et taxe de séjour cumulées
Le responsable de cette mauvaise surprise porte un nom peu sexy mais terriblement efficace : la fiscalité néerlandaise sur l’hébergement. Depuis le 1er janvier 2026, la TVA sur l’hébergement est passée de 9 % à 21 %, une décision du gouvernement national qui s’applique à tous les types de logements touristiques du pays. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, les campings ne bénéficient d’aucune exception : les séjours en hôtel, les campings et les hébergements de courte durée basculent tous vers le taux standard de TVA de 21 %.
À cela s’ajoute la spécificité amstellodamoise, celle qui fait grincer des dents les habitués de la ville depuis des années : la taxe de séjour locale. En 2026, la taxe de séjour locale s’élève à 12,5 % du prix de la nuitée, hors TVA. Une municipalité avait même proposé de la faire grimper à 15 % pour calmer les ardeurs du tourisme de masse, mais la taxe touristique à Amsterdam reste finalement inchangée en 2026, à 12,5 % du prix de la nuitée. Un statu quo qui ressemble presque à un soulagement, tant l’addition finale reste déjà salée.
Fait-on le calcul complet ? En combinant la taxe de séjour locale avec la hausse de la TVA de 9 % à 21 %, la charge fiscale totale sur un hébergement à Amsterdam peut atteindre environ 33,5 %. Un tiers du prix affiché qui s’ajoute discrètement, souvent invisible tant qu’on n’arrive pas à l’étape finale de la réservation. Pour un emplacement de camping annoncé à 30 euros la nuit, cela représente une dizaine d’euros de plus, non négligeable sur un budget pensé justement pour être serré.
Pourquoi le camping n’échappe plus à la règle
L’idée reçue voudrait que planter sa tente coûte forcément moins cher, taxes comprises, qu’une chambre d’hôtel. C’est vrai en valeur absolue, mais le pourcentage, lui, frappe tout le monde de la même façon. La bascule de la TVA touche mécaniquement chaque type d’hébergement payant, camping compris, puisque le gouvernement a voulu appliquer le taux standard de 21 % à l’ensemble des hébergements touristiques du pays, sans distinction entre un cinq étoiles du centre et un emplacement herbeux en périphérie.
Ce choix fiscal ne sort pas de nulle part. Les autorités néerlandaises cherchent à renflouer les caisses publiques, et l’enjeu est loin d’être anecdotique : la hausse de la TVA sur les séjours de 9 % à 21 % devrait augmenter les recettes de l’État d’environ 1,2 milliard d’euros par an. De quoi financer bien des infrastructures, mais aussi de quoi faire réfléchir à deux fois avant de poser sa tente sur les bords de l’IJ. Certains économistes redoutent d’ailleurs un effet boomerang, avec des voyageurs qui iraient dépenser leur budget vacances ailleurs, en Belgique ou en Allemagne voisines.
Comment éviter la mauvaise surprise au moment de payer
La parade la plus simple reste de lire le récapitulatif de commande jusqu’au bout, ligne par ligne, avant de sortir sa carte bancaire. Beaucoup de plateformes de réservation affichent le prix hors taxes en gros caractères, et relèguent la taxe de séjour et la TVA dans un petit encart discret, presque en note de bas de page. Un réflexe simple : simuler mentalement une majoration d’un tiers sur n’importe quel prix affiché à Amsterdam, hôtel comme camping, pour ne jamais être pris au dépourvu.
Une autre option, plus radicale mais redoutablement efficace pour le portefeuille, consiste à sortir carrément de la ville pour dormir. L’astuce consiste à séjourner à Rotterdam ou à La Haye et à faire l’aller-retour à Amsterdam en journée grâce au réseau ferroviaire néerlandais, un réseau particulièrement dense et ponctuel. Autre piste concrète : les trains circulent toutes les 10 à 15 minutes avec l’OV-chipkaart, ce qui rend ces allers-retours quasiment aussi pratiques que de dormir sur place, tout en évitant la double peine fiscale.
Reste enfin la solution la plus proche de l’esprit camping originel : s’installer un peu plus loin dans la province de Hollande-Septentrionale, où les taux de taxe de séjour locale n’ont rien à voir avec ceux de la capitale. À Amsterdam, on paie le tarif le plus élevé du pays, près de sept fois la moyenne nationale, alors que des communes voisines pratiquent des tarifs presque symboliques. De quoi transformer un séjour économique en vrai bon plan, à condition d’accepter vingt minutes de train supplémentaires pour rejoindre le centre-ville.
Sources : carnets-de-voyages.fr | guideamsterdam.org