J’ai embarqué mon fourgon vers Gozo sans billet ni réservation juste pour tenter ma chance : c’est au moment de repartir qu’on m’a annoncé ce qu’il fallait régler

Aucun billet en poche, aucune réservation sur mon téléphone : j’ai embarqué mon fourgon aménagé sur le ferry direction Gozo comme n’importe quel voyageur du cru, sans savoir combien j’allais payer ni même à quel moment. La réponse est venue bien plus tard que prévu, au retour, quand un guichetier m’a tendu l’addition pour l’aller ET le retour d’un coup. Une méthode qui déroute tous les visiteurs venus d’ailleurs, habitués à payer avant de monter à bord.

Car c’est bien la particularité de cette traversée entre la grande île de Malte et sa petite sœur plus rurale : les traversées ne peuvent pas être réservées, l’embarquement se fait selon le principe du premier arrivé, premier servi. Pas d’application à télécharger, pas de créneau à bloquer trois semaines à l’avance comme pour un ferry corse ou sarde. On arrive, on fait la queue, et on espère que le bateau suivant aura de la place.

À retenir

  • Un ferry sans réservation possible et sans paiement à l’embarquement : un système qui surprend tous les visiteurs étrangers
  • Le prix exact n’est révélé qu’au retour aux guichets de Mgarr : entre 15 et 20 € pour un van avec conducteur
  • En haute saison, les attentes peuvent dépasser deux heures, mais des webcams en direct permettent de vérifier l’état des files en temps réel

Un système de paiement qui prend tout le monde à contre-pied

La compagnie qui opère cette liaison s’appelle Gozo Channel, et son fonctionnement tarifaire a de quoi surprendre. Le fait le plus important à retenir : vous ne payez pas à l’aller depuis Cirkewwa vers Gozo. Le billet aller-retour s’achète au retour. Concrètement, mon fourgon a roulé jusqu’au port de Cirkewwa, à la pointe nord de Malte, s’est glissé dans la file des véhicules sans jamais présenter le moindre ticket, et a embarqué normalement. Les tickets conducteur et véhicule s’achètent aux guichets du port de Mgarr, à Gozo, lors du trajet retour : les conducteurs sont simplement dirigés vers les voies véhicules à Cirkewwa sans avoir besoin de billet au préalable.

Ce mécanisme, hérité d’une époque où l’administration jugeait plus simple de faire payer les habitants de Gozo au retour plutôt qu’à l’aller, s’applique aussi bien aux piétons qu’aux automobilistes. Les passagers embarquant sur le ferry à Cirkewwa n’ont donc pas besoin d’être en possession d’un billet, celui-ci étant réglé à leur retour sur Malte depuis Gozo. Résultat : on découvre le montant exact au moment où on s’y attend le moins, sur le trajet du retour, une fois qu’on a déjà profité de l’île.

Combien j’ai réellement payé pour mon fourgon

Voilà la question qui intéresse tout van-lifer avant de foncer vers Cirkewwa. Pour un véhicule classique avec son conducteur, le tarif standard voiture avec conducteur est de 15,70 € pour un aller-retour. Mais un fourgon aménagé n’est pas une citadine : sa taille et son poids influencent directement la note. D’après les estimations les plus récentes, comptez entre 15 et 20 € pour une voiture avec conducteur, selon la taille du véhicule. Un van long ou un camping-car profilé se rapproche donc plutôt de la fourchette haute, et certains gabarits plus imposants peuvent dépasser cette estimation, la grille tarifaire de Gozo Channel classant les véhicules par catégories de longueur.

Pour comparer, un simple passager à pied ne débourse que environ 4,65 € pour l’aller-retour, et les enfants de 0 à 2 ans voyagent gratuitement tandis que ceux de 3 à 12 ans paient un tarif de 1,15 €, ticket qui ne s’achète toutefois qu’aux guichets de Mgarr. La différence de prix entre un piéton et un véhicule s’explique logiquement par l’espace occupé sur le pont garage, un luxe non négligeable quand on sait que la traversée alternative sans voiture, le fast ferry direct depuis La Valette, coûte 16 € l’aller-retour pour un adulte mais n’accepte aucun véhicule à son bord.

Ce qu’il faut savoir avant de tenter l’aventure

Traverser sans réservation implique d’accepter une part d’incertitude, surtout en pleine saison. La liaison fonctionne 24 heures sur 24 tout au long de l’année, sous réserve des conditions météorologiques et opérationnelles, avec une traversée d’environ 25 minutes entre les deux ports. Rapide, donc, mais l’attente avant embarquement peut s’éterniser dès que le mercure grimpe. Il est recommandé d’arriver au moins 30 minutes avant l’horaire de départ souhaité en été, les files pouvant être longues et certains véhicules devant patienter jusqu’à la traversée suivante. En plein mois d’août, l’attente peut s’étirer entre une et deux heures pour les véhicules.

Un détail pratique évite bien des mauvaises surprises : consulter les webcams officielles du port avant de partir pendant les périodes de forte affluence permet de jauger l’état de la file en temps réel, un peu comme on vérifierait le trafic avant de prendre l’autoroute un vendredi soir de départ en vacances. Sachez aussi que l’ensemble du système tarifaire et horaire évolue régulièrement : les données affichées sur le site de la compagnie sont mises à jour en continu, et il vaut mieux les vérifier juste avant le trajet plutôt que de se fier à un souvenir de voyage précédent.

Ce qui frappe finalement dans cette expérience, c’est le contraste avec les ferrys méditerranéens habituels, où l’on réserve sa cabine des mois à l’avance et où le moindre changement de date coûte une fortune. Ici, à Gozo, l’incertitude fait partie du folklore local : on embarque à l’instinct, on paie sans discuter au retour, et on repart avec le sentiment d’avoir vécu la traversée comme n’importe quel habitant de l’île. Pour un van-lifer habitué à improviser sa route, ce petit bras de mer maltais offre finalement une leçon d’humilité bienvenue, celle de voyager sans tout maîtriser à l’avance.

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