Au parking de l’Islote de Hilario, au cœur du parc national de Timanfaya, la route s’arrête net pour tous les véhicules privés. Camping-cars, vans aménagés, berlines de location : peu importe le nombre de kilomètres parcourus pour arriver jusque-là, personne ne va plus loin au volant. La circulation en véhicule personnel est interdite sur la Route des Volcans. Seul un engin a le droit de poursuivre : le bus officiel du parc.
La scène surprend souvent les voyageurs en van qui pensaient pouvoir sillonner librement ce paysage lunaire, comme ils l’ont fait sur le reste de l’île. Et si tu te demandes si tu peux faire la même chose à bord de ton véhicule les vitres baissées, la réponse est non. Le tour du parc ne peut s’effectuer qu’à bord de ces bus locaux au départ du parking. La règle est appliquée à la lettre, sans exception pour les habitués de la conduite hors des sentiers battus.
À retenir
- Les vans et camping-cars doivent s’arrêter au parking : seul le bus officiel continue sur la Route des Volcans
- Un écosystème volcanique si fragile qu’il faut rester enfermé dans le véhicule jusqu’au cœur du parc
- Depuis juin 2026, les billets ne se vendent plus sur place : réservation en ligne et créneau horaire obligatoires
Un écosystème trop fragile pour supporter la circulation libre
Timanfaya n’est pas un parc national comme les autres. Ici, pas de sentiers balisés où l’on flâne à son rythme, pas de petites routes secondaires pour s’écarter du groupe. Contrairement à d’autres parcs nationaux où l’on peut randonner librement, Timanfaya est strictement réglementé pour éviter l’érosion et protéger le paysage. L’accès libre est interdit car les sentiers pourraient endommager ce décor fragile, et les conditions extrêmes (sol brûlant, absence d’ombre, terrain instable) rendent la marche dangereuse. Le sol, encore marqué par les éruptions du XVIIIe siècle, garde une mémoire volcanique que le moindre passage répété pourrait abîmer durablement.
Le règlement va d’ailleurs plus loin que la simple interdiction de conduire. Il est interdit de marcher ou faire de la randonnée en dehors des zones désignées dans la zone protégée, et de sortir de votre véhicule entre l’entrée (El Taro) et le parking de l’Islote del Hilario. Même dans votre propre van, vitres remontées ou baissées, vous restez à l’intérieur jusqu’au parking. Une fois arrivé, changement de véhicule obligatoire.
La Route des Volcans, un circuit pensé pour préserver le décor
Ce fameux itinéraire porte un nom qui claque : la Ruta de los Volcanes. C’est l’artiste et architecte César Manrique qui a conçu la Route des Volcans, longue de 14 kilomètres, qui mène au cœur des Montagnes de Feu. Le tracé serpente à travers des champs de lave figée, des cratères et des tunnels volcaniques pendant une trentaine de minutes, révélant un paysage que peu de destinations en Europe peuvent offrir.
Le confort n’est cependant pas total. Si le bus s’arrête à plusieurs endroits pour vous permettre d’admirer le paysage, personne n’a le droit d’en descendre. Nez collé à la vitre, appareil photo prêt : c’est la seule façon d’immortaliser ces cratères noirs et rouges qui semblent tout droit sortis d’un décor de science-fiction. Certains visiteurs regrettent cette passivité forcée, on comprend l’envie de poser le pied sur cette terre insolite —, mais le compromis reste raisonnable au vu de la fragilité du site.
Le parcours se termine généralement à l’Islote de Hilario, où trône le restaurant El Diablo, autre création de César Manrique. Sur l’îlot se trouve également le restaurant El Diablo, une œuvre de l’artiste César Manrique, remarquable pour son architecture circulaire vitrée et son grill qui utilise la chaleur naturelle du volcan pour cuire les aliments. Manger une viande grillée par la chaleur du sous-sol volcanique, sans électricité ni gaz : voilà une expérience qui vaut à elle seule le détour, même pour les plus sceptiques face au concept de “parc en bus”.
Ce qui a changé en 2026 pour les voyageurs en van
Depuis cet été, l’organisation de la visite s’est durcie côté billetterie. Depuis le 15 juin 2026, la vente de billets sur place n’existe plus. L’achat en ligne est désormais obligatoire, et vous devrez choisir un créneau horaire au moment de la réservation. Fini l’improvisation du matin où l’on décidait, café en main, de faire un détour par Timanfaya. Il faut désormais anticiper, réserver son créneau et se présenter avec son billet téléchargé, la couverture réseau étant capricieuse sur place.
Les tarifs ont eux aussi évolué. Comptez 30€ par adulte et 15€ par enfant de 7 à 12 ans, la visite étant gratuite pour les moins de 7 ans, un montant qui inclut le stationnement, le tour en bus et les démonstrations géothermiques. Pour les vanlifers habitués à des visites plus flexibles, ce mode de fonctionnement demande un vrai changement d’habitude : ici, on planifie sa journée autour d’un horaire fixe, pas l’inverse.
Il existe malgré tout une alternative pour ceux qui veulent vraiment fouler ce sol volcanique. Uniquement via les randonnées guidées gratuites du parc, avec 8 places par sortie et réservation sur le site officiel des parcs nationaux, très demandées. Deux itinéraires sont proposés, l’un vers Tremesana, l’autre le long de la côte, offrant une immersion à pied bien plus authentique que le tour en bus, mais réservée à une poignée de chanceux chaque jour.
Reste un détail que peu de guides mentionnent : le parc distingue clairement la route d’accès classique et le tracé de la Route des Volcans proprement dite. On peut donc conduire son van jusqu’au parking sans souci particulier, comme n’importe quel visiteur motorisé, mais l’interdiction ne s’applique qu’à partir de l’Islote de Hilario. Pas de quoi bouder Lanzarote pour autant : la LZ-67 qui traverse les abords du parc, elle, reste ouverte à tous les véhicules, et offre déjà un aperçu saisissant de ce paysage lunaire avant même de poser un pied dans le bus officiel.
Sources : carnetdevoyageduneblogtrotteuse.fr | souvenirs.vincent.voyage