Dormir en van aux Pays-Bas n’est permis que là où la commune ou un exploitant l’a prévu. Ailleurs, la nuit improvisée expose à une amende de 170 € dans le cas courant, à condition que l’interdiction figure expressément dans le règlement local et que vous dormiez sur ou au bord de la route. Il n’existe pourtant aucune loi nationale qui interdise de dormir dans un véhicule.
Ce sont les communes et les gestionnaires de nature qui fixent les règles, via l’APV, l’Algemene Plaatselijke Verordening.
- Une nuit hors des clous coûte en général 170 € par personne.
- La réglementation dépend de chaque commune, via son APV.
- Une aire de camperplaats coûte de 12 à 30 € la nuit.
- Un camper est limité à 72 heures au même endroit dans beaucoup de communes.
Ce que coûte une nuit hors des clous
Le chiffre de référence est 170 €. Il a été relevé en 2025, après 160 € l’année précédente. Les barèmes étant revalorisés chaque 1er janvier, vérifiez le montant en vigueur avant de partir. La fourchette citée par les sites spécialisés est plus large : de 140 à 500 € par personne, selon la commune, la zone (une réserve naturelle, par exemple) et les circonstances.
Dans la pratique, la sanction n’est pas toujours immédiate. Le plus souvent, les agents se contentent d’une remontrance avant de vous demander de plier bagages, mais rien ne les empêche de verbaliser. Le reste du kit du campeur coûte cher aussi : un feu en plein air vaut 340 €, et vider sa cassette de toilettes ou abandonner des déchets sur la voie publique, 170 €.
Sur la Brouwersdam, deux dormeurs dans le van, c’est 340 € la nuit.
Communes strictes : là où le contrôle se concentre
L’île de Texel joue la carte de la pédagogie et de la répression à la fois. La commune a monté une opération contre le Camping sauvage en camper avec le parc national, Staatsbosbeheer, Natuurmonumenten, l’office de tourisme et la police. Une brochure en néerlandais, allemand, anglais et italien (pas en français) explique l’interdiction et renvoie vers les camperplaatsen listées par l’office de tourisme.
Les contrôles ne tombent pas au hasard. Ils visent surtout les zones côtières et touristiques. Les APV ciblent les parkings publics, les espaces naturels et le littoral, où l’on verbalise de plus en plus ces dernières années. Sur la Brouwersdam, le nombre d’amendes a grimpé de 663 % en peu de temps. Le critère qui compte est le comportement : une pause sur un parking passe en général, mais chaises dehors ou auvent déployé, on bascule dans le camping.
Certaines communes ont ouvert une brèche, le « parkeren plus overnachten ». Vous vous garez dans une case prévue, sans auvent, sans barbecue ni fauteuil devant le van. Seule l’APV de la commune dit si c’est permis, et elle se consulte en ligne.
Camperplaatsen : la nuit en règle
Un camperplaats est une aire dédiée aux nuitées des vans et camping-cars, avec des emplacements délimités, de l’eau, une zone de vidange et parfois de l’électricité. Comptez de 12 à 30 € la nuit sur ces aires, et de 30 à 50 € dans un camping complet. À Amsterdam, l’aire de camping Zeeburg propose des emplacements dès 36 €, avec un ferry gratuit vers le centre.
Trouver ces aires ne demande qu’un smartphone.
Les applications Park4Night, Campercontact et Stayfree recensent un large choix de lieux de nuitée. Il existe aussi des camperplaatsen gratuites, désignées par certaines communes. Gardez un réflexe : les panneaux locaux l’emportent sur les conseils des forums.
Pour une nuit plus sauvage, plusieurs voies légales subsistent. Les terrains de la Stichting Natuurkampeerterreinen offrent des campings minimalistes, en pleine nature, et des agriculteurs louent des emplacements via Bij de Boer ou Campspace. Les anciens pôles de camping gratuits (paalkamperen) ont disparu en 2020, mais la fondation Stichting Wildkamperen gère un réseau de spots aux Pays-Bas et en Belgique, pour 72 heures maximum, sans électricité ni sanitaires. Côté propriété privée, une source affirme que c’est interdit, alors que d’autres acceptent l’accord du propriétaire : passez par une plateforme qui cadre les conditions.
Dernier piège, qui ne concerne pas la nuit mais la durée : un camper ou une caravane est limité à trois fois 24 heures au même endroit dans beaucoup de communes, et le dépassement coûte 130 € plus 9 € de frais, soit 139 € en 2026.
Sources : worldwide-camping.com | texel.nl | routard.com