Une nef aux volumes sobres, un silence presque monacal et, sur le mur du chœur, une mosaïque signée Marc Chagall qui capte la lumière provençale à chaque heure du jour. La chapelle Sainte-Roseline, aux Arcs-sur-Argens dans le Var, mérite sa réputation de petit joyau caché. Mais gare à l’improvisation : plus d’un visiteur s’est retrouvé devant une porte close, faute d’avoir vérifié les horaires avant de faire le déplacement.
À retenir
- Une mosaïque de Chagall à 88 ans : l’une des rares œuvres religieuses du maître visible en France
- Des horaires d’ouverture si restreints qu’ils frustrent régulièrement les touristes
- Comment accéder au joyau caché sans se retrouver devant une porte fermée
Un trésor d’art sacré niché au milieu des vignes
Située un peu à l’écart du village, la chapelle Sainte-Roseline aux Arcs-sur-Argens est classée au titre des Monuments historiques et a été édifiée dans le courant des XIe et XIIe siècles. L’édifice conserve la châsse, où repose le corps de Sainte Roseline, prieure de l’abbaye attenante de 1300 à 1329. Une relique qui, à elle seule, attire chaque année des curieux venus de toute la région.
Mais ce qui distingue vraiment ce lieu, c’est sa double identité : sanctuaire médiéval et musée d’art moderne à ciel fermé. La chapelle est rachetée par la commune et restaurée en 1968 par la mécène Marguerite Maeght, qui l’enrichit d’œuvres contemporaines remarquables de Giacometti, Jean Bazaine, Raoul Ubac et une grande mosaïque de Marc Chagall. Le maître avait alors 88 ans quand il a livré cette pièce monumentale, l’une des rares mosaïques religieuses de sa carrière visibles en France.
La scène représentée n’est pas anodine. Trois anges sont représentés autour d’une table garnie de victuailles, dans des couleurs claires et lumineuses qui rappellent les tonalités caractéristiques de l’artiste. Elle illustre un épisode de la vie de la sainte varoise : novice au couvent de Saint-André de Ramières dans le Vaucluse, elle était chargée de préparer le repas pour la communauté quand, un jour, Jésus vint la visiter. Un miracle transposé en pâte de verre et en marbre, sur une surface qui dépasse les six mètres de large.
Autour de cette mosaïque, d’autres pièces méritent le coup d’œil : le beau cloître cartusien du XIIIe siècle, ainsi que le retable de la Nativité de 1541, le jubé à l’entrée du chœur, le retable baroque du maître-autel de 1635 et les stalles de bois du chœur de 1658. De quoi occuper une petite demi-heure de visite, montre en main.
Des horaires resserrés qui piègent les visiteurs pressés
Voilà le hic. La chapelle Sainte-Roseline n’ouvre pas quand bon vous semble, et son amplitude horaire est nettement plus étroite que celle d’un musée classique. Elle se visite librement du mardi au dimanche de 14h30 à 17h, la chapelle étant fermée le lundi et tous les matins. Pas d’ouverture avant le déjeuner, donc, et aucune tolérance le lundi, jour de fermeture hebdomadaire strict.
Un détail qui explique la mésaventure de nombreux touristes arrivés en milieu de journée, convaincus de pouvoir enchaîner déjeuner et visite culturelle dans la foulée. Un avis publié sur Tripadvisor résume bien cette frustration récurrente : « Dommage que La Chapelle soit fermée le lundi et les matins. Nous n’avons pas pu la visiter. » Un autre visiteur italien a carrément pointé du doigt un problème de communication : « Très jolie chapelle, seul hic, les horaires sont très mal renseignés, on s’est présenté 2 fois, la chapelle était fermée alors qu’elle était annoncée ouverte. »
Les horaires varient en plus selon les saisons, ce qui complique encore la donne pour qui consulte une information périmée. De février à mai et d’octobre à décembre, l’horaire est de 14h30 à 17h ; de juin à septembre, il s’étend de 14h30 à 18h30. S’ajoute une fermeture annuelle bien plus longue qu’on ne l’imagine : du 15 décembre 2025 au 2 février 2026, soit près de sept semaines sans aucune visite possible, en plein cœur de la trêve des confiseurs et des vacances de février où pourtant de nombreux visiteurs sont de passage dans le Var.
Autre subtilité : les mois d’été offrent parfois une plage supplémentaire en matinée pour les groupes accompagnés. En juillet et août, une ouverture de 10h30 à 13h est possible du mardi au samedi, jours fériés exclus, selon certaines sources touristiques. Une info à vérifier au cas par cas tant les sites officiels ne concordent pas toujours parfaitement d’une année sur l’autre, chaque source ayant tendance à recopier l’horaire de l’année précédente sans mise à jour systématique.
Comment ne pas se faire avoir
La bonne nouvelle, c’est que l’accès reste gratuit : entrée libre, sans billet ni réservation obligatoire pour la visite en solo. Ce qui rend l’attente d’autant plus rageante quand on découvre la grille fermée après avoir parcouru plusieurs kilomètres de petites routes viticoles pour y arriver.
Le domaine viticole voisin, le Château Sainte-Roseline, propose par ailleurs des visites guidées qui incluent un passage par la chapelle en dehors des horaires classiques d’ouverture au public. Une visite guidée permet en effet de découvrir librement la chapelle à l’issue du parcours, sur les jours d’ouverture au public. Une option à envisager pour qui souhaite sécuriser sa visite tout en découvrant les vignes alentour, réputées pour leurs crus classés de Provence.
Reste un conseil de bon sens, presque trivial mais visiblement pas assez suivi : appeler la paroisse ou consulter le site du Château Sainte-Roseline la veille du passage, plutôt que de se fier à un ancien article ou à une fiche non actualisée. Car dans ce coin de Dracénie, la mosaïque de Chagall attend patiemment ses visiteurs, mais elle ne dérogera pas à ses horaires, aussi frustrant que cela puisse paraître pour qui débarque un lundi matin, plein d’entrain et de bonne volonté.
Sources : tripadvisor.fr | nicepresse.com