Un clan de vampires débarque à Vienne et refuse catégoriquement de repartir. La raison ? Pas les châteaux gothiques ni les légendes sombres de l’Europe centrale. Ces créatures de la nuit ont découvert quelque chose de bien plus irrésistible : la cuisine viennoise.
L’Office de Tourisme de Vienne vient de lancer sa campagne gastronomique 2026 avec un court-métrage viral baptisé « Vienna Bites ». Trois minutes de pur génie marketing où des vampires parcourent les rues de la capitale autrichienne, convaincus que le sang des habitants — enrichi par des siècles de traditions culinaires — constitue un nectar d’exception. La bande-annonce dévoilée par l’office de tourisme brouille avec malice la frontière entre plaisir culinaire et tentation vampirique.
À retenir
- Des vampires refusent mystérieusement de quitter Vienne dans un court-métrage devenu viral
- Le patrimoine culinaire viennois cache une histoire complexe d’empires et d’échanges culturels
- Pourquoi cette campagne « Vienna Bites » change complètement la stratégie du tourisme européen
Quand la gastronomie devient une arme de séduction touristique
Derrière cette approche décalée se cache une réalité fascinante. Vienne possède l’unique style culinaire au monde à porter le nom d’une ville. Pas New York, pas Tokyo, pas Paris — Vienne. Cette singularité découle de siècles d’échanges culturels au sein de l’ancien Empire des Habsbourg, transformant la capitale autrichienne en carrefour gastronomique où se mélangent influences hongroises, tchèques, italiennes et slaves.
Le Wiener Schnitzel ne doit rien au hasard. Pas plus que le Kaiserschmarrn ou le Tafelspitz. Ces plats racontent l’histoire d’un empire cosmopolite où les recettes voyageaient autant que les diplomates. Résultat ? Une identité culinaire si forte que l’UNESCO a reconnu plusieurs traditions viennoises comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Les vampires du court-métrage l’ont bien compris. Pourquoi se contenter de sang ordinaire quand on peut déguster celui d’habitants nourris au café viennois, aux pâtisseries de la Sacher et aux spécialités des Heurigen ? Ces tavernes à vin traditionnelles ne servent pas que du vin nouveau — elles perpétuent un art de vivre que même les morts-vivants semblent apprécier.
Une campagne qui mise sur l’humour pour conquérir
« Vienne à croquer. Cuisine, Culture, Character » — tel est le slogan de cette campagne 2026 qui transforme le patrimoine culinaire en histoire qui a du mordant. Littéralement. L’office de tourisme mise sur une narration ludique pour attirer une clientèle internationale de plus en plus motivée par la gastronomie.
Statistique révélatrice : le tourisme gastronomique représente désormais l’une des principales motivations de voyage en Europe. Fini le temps où l’on visitait une ville pour ses monuments uniquement. Aujourd’hui, on planifie son séjour autour d’une table, d’un marché, d’une spécialité locale. Vienne l’a parfaitement saisi.
Le génie de « Vienna Bites » réside dans son postulat espiègle. Si même des vampires — créatures réputées difficiles côté alimentation — succombent aux charmes culinaires viennois, que dire des simples mortels ? Cette approche décalée permet de mettre en lumière un patrimoine gastronomique sans tomber dans le discours institutionnel classique.
Au-delà du buzz, une réalité gourmande
Derrière l’humour se cache une offre culinaire authentique. Les cafés viennois ne sont pas de simples établissements — ils constituent des institutions sociales où l’on vient autant pour l’ambiance que pour le café. Cette culture du café, inscrite au patrimoine UNESCO, transcende la simple consommation pour devenir un art de vivre.
Même phénomène avec les stands de saucisses, omniprésents dans les rues viennoises. Ce qui pourrait passer pour de la restauration rapide révèle en réalité une tradition ancrée dans le quotidien des habitants. Les Viennois entretiennent avec leur nourriture une relation particulière, mélange de tradition et de modernité que les visiteurs découvrent avec surprise.
L’office de tourisme de Vienne compte sur cette authenticité pour séduire au-delà du buzz initial. Car si les vampires du court-métrage peuvent se contenter de sang enrichi aux spécialités locales, les touristes, eux, voudront goûter aux vraies saveurs viennoises.
Cette campagne soulève une question intéressante : dans un monde saturé de contenus touristiques classiques, faut-il nécessairement faire appel aux forces surnaturelles pour faire rayonner un patrimoine gastronomique ? Vienne semble avoir tranché — et ses vampires résidents approuvent probablement cette stratégie mordante.