Les propriétaires d’Airstream l’ont compris : le choix du bon mois peut transformer complètement l’expérience d’un road trip. Entre mars et avril, la différence ne se compte pas seulement en quelques degrés celsius, mais surtout en euros économisés et en tranquillité retrouvée sur les routes françaises.
Cette différence de calendrier révèle deux mondes parallèles du camping. D’un côté, mars offre encore les derniers souffles de la basse saison avec ses tarifs privilégiés et ses emplacements disponibles. De l’autre, avril marque déjà l’entrée dans une dynamique printanière où la demande s’accélère et les prix suivent mécaniquement.
L’écart tarifaire qui fait la différence
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En basse saison, soit d’avril à juin et à partir de septembre, le prix moyen d’un camping sans électricité oscille entre 9 et 20 € par nuit selon les données sectorielles 2025. Mais cette classification range avril dans la basse saison, ce qui ne reflète pas totalement la réalité du terrain.
En pratique, mars bénéficie encore des tarifs de fin d’hiver. Un emplacement qui coûtera 18-20 euros la nuit en mars peut facilement grimper à 23-27 euros dès avril, soit une augmentation pouvant atteindre 25%. Pour un séjour d’une semaine en Airstream, cette différence représente entre 35 et 63 euros supplémentaires, sans compter les services annexes.
Les campings de standing intermédiaire pratiquent des écarts encore plus marqués. Là où un emplacement avec électricité vous coûtera 22-25 euros en mars, comptez plutôt 28-32 euros en avril dans les mêmes établissements. Les prix des campings ont augmenté de près de 6% en 2023, à un rythme proche de l’inflation. Depuis 2020, la hausse atteint 11% pour les terrains nus, rendant cette optimisation temporelle d’autant plus précieuse.
La dynamique des réservations révélatrice
L’observation des comportements de réservation confirme cette tendance. Le mois d’avril bénéficie d’un calendrier plus favorable que celui de 2024 : cette année, le week-end de Pâques tombe au milieu des vacances scolaires, ce qui favorise les départs, explique la Fédération Nationale de l’Hôtellerie de Plein Air.
Cette amélioration du calendrier d’avril crée mécaniquement une tension supplémentaire sur les disponibilités et les tarifs. Les mois d’avril, notamment le weekend de Pâques, de juin et d’août sont en hausse, alors que mai et juillet enregistrent un léger retard dans les réservations précoces, selon les données sectorielles.
Pour les propriétaires d’Airstream, cette information est cruciale. En mars, vous gardez encore la possibilité de réserver à la dernière minute dans des établissements de qualité. En avril, cette flexibilité disparaît progressivement, particulièrement dans les régions les plus prisées comme la Côte Atlantique ou la Provence.
L’affluence : un facteur de confort sous-estimé
Au-delà de l’aspect financier, la différence d’affluence entre mars et avril transforme l’expérience de voyage. Moins de monde qu’en été, des prix plus doux, et une météo agréable rendent les campings particulièrement accueillants durant cette période transitoire.
En mars, les campings fonctionnent encore sur un rythme hivernal apaisé. Les équipes d’accueil ont plus de temps à consacrer à chaque client, les emplacements premium restent disponibles sans réservation anticipée, et l’atmosphère générale demeure détendue. C’est le moment idéal pour tester de nouveaux itinéraires ou découvrir des établissements réputés sans subir la pression de la haute fréquentation.
Avril marque une rupture nette dans cette dynamique. Sur la période estivale, notamment du 2 juillet au 31 août 2024, les carnets de commandes se remplissent « très rapidement », note la FNHPA, mais cette accélération commence dès avril avec l’arrivée des vacances scolaires de printemps.
Les services et infrastructures : une ouverture progressive
L’équation se complique toutefois sur le plan des services disponibles. Mars correspond encore à une période de montée en puissance pour de nombreux campings. Certains équipements peuvent rester fermés, les horaires de services être réduits, et l’animation quasi inexistante.
Avril, à l’inverse, voit la plupart des établissements ouvrir leur palette complète de services. De plus en plus de campings en France ouvrent leur espace aquatique dès les vacances de Pâques. Piscines chauffées, toboggans, pataugeoires et jets d’eau sont accessibles dès le printemps, ce qui peut justifier le surcoût pour certains voyageurs.
Pour les propriétaires d’Airstream privilégiant l’autonomie et la découverte des territoires, cette différence de services pèse peu dans la balance. Leur véhicule offre déjà le confort nécessaire, et l’intérêt se porte davantage sur la qualité de l’emplacement et la tranquillité du séjour.
Le choix entre mars et avril révèle finalement deux philosophies de voyage distinctes. Mars s’adresse aux voyageurs expérimentés qui savent tirer parti des opportunités de basse saison, acceptent quelques compromis sur les services accessoires et privilégient l’authenticité d’une France moins touristique. Avril convient mieux aux familles recherchant un compromis entre tarifs raisonnables et services complets, même au prix d’une fréquentation plus soutenue.
Dans tous les cas, cette différence de quelques semaines peut représenter des économies substantielles – jusqu’à 100 euros sur un séjour d’une semaine – tout en offrant une expérience de voyage radicalement différente. À l’heure où le panier moyen semble continuer de diminuer, avec les campings 3 étoiles et les emplacements nus qui paraissent être plus plébiscités, traduisant une attention accrue portée aux prix, cette optimisation temporelle devient un atout majeur pour les propriétaires d’Airstream soucieux de leur budget.