La Côte d’Azur et ses embouteillages de juillet, ses plages payantes bondées dès 9h, ses tarifs qui s’envolent chaque été un peu plus. Pour un nombre croissant de familles, la bascule se fait désormais vers un autre coin de Provence-Alpes-Côte d’Azur : le Queyras, dans les Hautes-Alpes. Même région administrative, univers totalement différent.
À retenir
- Pourquoi les files d’attente et parkings à 30 euros disparaissent d’un coup
- Ce que cache vraiment l’isolement géographique du Queyras
- Comment 300 jours de soleil par an cohabitent avec le silence des Alpes
Une vallée qui a le soleil du Sud sans la foule du littoral
Le Queyras a ceci de particulier qu’il cumule les avantages du Sud sans en subir les inconvénients. Bénéficiant d’une influence méditerranéenne et occitane aussi bien au niveau de leur climat, plus de 300 jours de soleil par an, qu’au niveau de leur culture, le Queyras et les Queyrassins perpétuent leurs traditions au cœur d’un patrimoine resté intact. De quoi comprendre pourquoi tant de vacanciers habitués aux calanques ou à la baie de Cannes s’y sentent étrangement chez eux, avec 1 400 mètres d’altitude en plus.
Le massif s’étend à la frontière italienne, dans un cadre encore préservé. Situé à l’Est du département des Hautes-Alpes en région Provence-Alpes-Côte-D’azur, le Queyras est un massif de haute montagne frontalier avec l’Italie. Ce massif isolé, des Alpes du Sud, communique tout au long de l’année, avec seulement Guillestre et Embrun, par la vallée du Guil. Ensuite avec les beaux jours, le Col de l’Izoard permet d’accéder Briançon et le col Agnel mène en Italie. Cet isolement géographique, qui pourrait sembler être un handicap, est en réalité la clé de tout : il a préservé la vallée du tourisme de masse qui gangrène certaines stations alpines l’été.
Résultat concret sur le terrain : l’isolement du Queyras a permis la protection de ses sites, accessible toute l’année par l’exceptionnelle vallée du Guil ou encore quelques mois par les cols mythiques de l’Izoard et Agnel, ses villages jouissent aujourd’hui d’une quiétude dont l’absence du tourisme de masse ne fait pas défaut. Pas de files d’attente pour une glace, pas de parking à 30 euros la journée. Juste des sentiers, des alpages et un silence qu’on a fini par oublier ailleurs.
Saint-Véran, le village le plus haut d’Europe, en tête d’affiche
Impossible d’évoquer le Queyras sans s’arrêter sur Saint-Véran. Le Queyras est la vallée habitée la plus haute d’Europe. Du haut de ses 2040 mètres d’altitude, Saint-Véran domine en tout cas fièrement ce massif, avec une architecture typique faite de fustes et bardeaux de mélèze, témoins de l’activité principale du Queyras : l’élevage. Les fustes, ces balcons de bois massif où l’on faisait autrefois sécher les récoltes, donnent aux façades un cachet qu’aucune station balnéaire ne peut copier.
Le village a d’ailleurs de quoi faire lever la tête la nuit. L’observatoire astronomique de Saint-Véran, situé à 2930m d’altitude, est l’un des observatoires les plus hauts d’Europe. Pas de pollution lumineuse ici, contrairement aux nuits orangées du littoral azuréen. C’est un détail, mais pour beaucoup de citadins habitués à ne plus voir d’étoiles, ça change tout.
Autour de Saint-Véran, sept autres villages composent le puzzle du Queyras, chacun avec sa personnalité propre. Au cœur d’un Parc naturel régional, adossé à l’est au Mont Viso et à l’Italie, les quatre stations villages du Queyras : Abriès, Arvieux, Ceillac et Molines – Saint-Véran proposent des ambiances variées. Ceillac séduit par ses lacs accessibles à pied, Arvieux par ses ruelles pavées nichées au pied du col d’Izoard, Abriès par sa proximité avec l’Italie et ses randonnées vers les belvédères du Mont Viso.
Randonnées, lacs et cols mythiques : de quoi remplir tout un été
Côté activités, la vallée ne joue clairement pas dans la même catégorie que la plage. Le Queyras est la plus haute vallée habitée d’Europe. Forêts de mélèzes, lacs d’altitude type lac Foréant 2573m, ensoleillement supérieur aux Alpes du Nord. Les familles qui troquent la crème solaire contre les bâtons de randonnée y trouvent des itinéraires pour tous les niveaux, du sentier des marmottes accessible aux plus petits jusqu’aux ascensions vers des sommets à plus de 3000 mètres.
Le tour du Queyras attire chaque été davantage de marcheurs en quête d’un GR moins fréquenté que ses cousins alpins plus célèbres. Tout comme le Tour du Mont Blanc et la traversée de la Corse, le tour du Queyras est un itinéraire majeur de randonnée en France pour les marcheurs chevronnés. Le tracé traverse des villages authentiques et longe des crêtes frontalières avec l’Italie, offrant un dépaysement total en quelques jours de marche seulement.
Pour les amateurs de sensations plus vives, la vallée du Guil se prête bien aux sports d’eau vive, et le VTT trouve un terrain de jeu généreux grâce à un réseau de pistes balisées reliant la France à l’Italie. Les grands cols, eux, méritent le détour même en dehors des étapes du Tour de France : la Casse Déserte du col de l’Izoard (2360 m) et ses paysages hérissés de gigantesques éboulis de calcaires sont absolument à découvrir. Un décor lunaire qui n’a strictement rien à voir avec le bleu Méditerranée, et c’est justement ce qui plaît.
Le patrimoine bâti complète le tableau. Passé les gorges du Guil, Fort Queyras, sentinelle millénaire perchée sur son éperon rocheux, raconte à la fois l’histoire médiévale et l’ingéniosité des fortifications de Vauban. Depuis 800 ans, il veille sur le Parc naturel régional du Queyras, écrin de villages authentiques comme Saint-Véran, commune la plus haute d’Europe. À quelques kilomètres, la citadelle de Mont-Dauphin, classée à l’UNESCO, ajoute une dimension historique que peu de destinations estivales peuvent revendiquer aussi facilement.
Le bon moment pour s’y installer
La haute saison estivale reste concentrée sur juillet-août, avec une fréquentation qui grimpe nettement autour du 14 juillet. Les hébergements, souvent de petites capacités (gîtes, chambres d’hôtes, chalets d’alpage), se réservent donc plusieurs mois à l’avance pour espérer trouver de la place au cœur de l’été. Juin et septembre, en revanche, offrent encore les alpages fleuris ou les mélèzes dorés sans la densité de touristes des deux mois de pointe, un compromis que beaucoup d’habitués du Queyras privilégient désormais pour leurs séjours en van ou en camping-car, la vallée comptant de nombreux emplacements adaptés le long des routes de col.
Sources : tas2cailloux.com | laviesauvage-rando.com